Tilff: guerre 1940 – 1945

Tilff et la guerre 1940 – 1945

1945 entrée à Tilff camion de près IEn 1919, le traité de paix de Versailles détermina le règlement des sanctions prises à l’encontre de l’Allemagne et de ses alliés. Ce traité suscita rancœurs, frustrations et désirs de reconquête des pays qui avaient engendré la 1ère  guerre mondiale et avaient été néanmoins vaincus (Allemagne, Autriche, Hongrie, et Bulgarie).

Le règlement ainsi organisé à la suite de la première guerre mondiale était insatisfaisant pour l’Allemagne Hitlérienne, majoré également par les ambitions expansionnistes et hégémoniques des trois principales nations de l’Axe (Allemagne nazie, Italie fasciste et Empire du Japon), conduira à la 2ème guerre qui débuta le 1er septembre 1939 pour se terminer le 2 septembre 1945.

La seconde guerre mondiale constitue le conflit armé le plus vaste que l’humanité ait connu, mobilisant plus de 100 millions de combattants de 61 nations, déployant les hostilités sur quelque 22 millions de km², et tuant environ 62 millions de personnes, dont une majorité de civils.

La somme des dégâts matériels dépasse les destructions cumulées de l’ensemble des conflits connus par le genre humain. Le traumatisme moral fut considérable, la violence ayant pris des proportions inédites. Elle connut de multiples crimes de guerre, qui ne furent l’apanage d’aucun camp, crimes s’insérant dans une violence militaire et policière d’une intensité et d’une profondeur inégalées. Elle vit également l’émergence, à une échelle inconnue jusqu’alors, de crimes de masse particulièrement atroces et pour certains sans précédents, tout particulièrement à l’instigation de l’Allemagne nazie et du Japon impérial. Parmi ces crimes figure la déportation en camps de concentration, en camps de travail et camps d’extermination, comportant des chambres à gaz à des fins d’extermination de populations entières (Juifs, Slaves, Tziganes), ou de catégories particulières d’individus (homosexuels, handicapés, etc.). L’ampleur des crimes suscita la définition des crimes contre l’humanité et crime de guerre, ainsi que les premiers procès pour génocide.

Le 10 mai 1940, l’Allemagne, déjà en guerre avec d’autres pays, envahit à nouveau 3 états neutres et indépendants, sans déclaration de guerre officielle: La Belgique, le Luxembourg et la Hollande. L’Europe ne sera libérée que le 8 mai 1945.

Il faut souligner que la neutralité de la Belgique a été décrétée en 1936 par le Roi Léopold III et son gouvernement. Ceux-ci souhaitaient revenir à l’origine du Royaume de Belgique de 1831, et ce malgré que lors de la première guerre mondiale, en 1914, la Belgique était devenue alliée de la France et de l’Angleterre. Pour se défendre seule et avoir les mains libres, elle entreprit un gigantesque effort pour  lever 22 divisions (pour comparaison, la France comportant 5 fois plus d’habitants en soulevait 50, l’Angleterre en avait 2 au début de la guerre et 18 plus tard. L’Allemagne en avait 100).

À Liège, les douze forts mal adaptés qui avaient résisté courageusement lors de la guerre de 1914 avaient progressivement été remis à niveau suite à l’expérience rencontrée et avait vu son dispositif de protection renforcé par l’ajout de quatre forts supplémentaires. Malheureusement en 1940, ces 16 forts ultra-perfectionnés furent encore plus dépassés par les évènements. Celui d’Ébène Emael, chef d’œuvre et tête de pont du nouveau dispositif,  devient  malheureusement célèbre dans l’histoire ce 10 mai 1940, lorsqu’ une petite unité de parachutistes  allemands prit le contrôle  de l’artillerie du fort en moins de 15 minutes. Il se rendit le 11 mai. La mise à niveau n’était pas suffisante.

Les allemands créèrent la surprise par leur rapidité, par l’utilisation d’une  technologique avancée de canons longue portée, par la technologie des bombes creuses,  par une aviation de combat en piqué, comme les stukas. L’organisation, l’innovation, la surprise et la prise de risques furent les clés du succès  allemand. Ils attaquèrent les autres forts de Liège un à un, et simultanément ceux de Namur, ceux d’Anvers, etc. A Liège, le dernier à se rendre est celui de Tancrémont, le 29 mai 1940.

Après 18 jours de combats, l’encerclement des troupes belges est complet du fait de la retraite britannique pour rembarquer à Dunkerque, sans que rien ne soit prévu pour les Belges. Le Roi Léopold III, lorsqu’il constate le retrait unilatéral des troupes anglaises, décide, en qualité de commandant, la reddition  » militaire  » des armées belges sur le terrain, mais dans son esprit, il ne décide pas de la capitulation de la Belgique, ce qui exigerait la présence d’un membre du gouvernement.

Le premier ministre Hubert Pierlot et son gouvernement, en désaccord avec le Roi, rejoignent Londres. Attendu que le Roi n’utilisa pas  son privilège de dissolution du gouvernement avant le départ, ce dernier emporta avec lui le pouvoir légal de la Belgique. Ils y dirigeront, de 1940 à 1944, le Gouvernement belge en exil à la tête des Belges libres, notamment les troupes et les industries du Congo belge, aux côtés d’autres ministres comme Paul-Henri Spaak, Camille Gutt et Albert de Vleeschauwer. C’est le début de la question Royale qui s’aggravera par le remariage du Roi avec une roturière en 1941, dans un désordre protocolaire (mariage religieux avant le civil, mariage sans l’accord du gouvernement, et anticipation sur la prérogative du parlement pour l’éviction au trône de ses enfants à naître).

Ce différend entre le roi Léopold III et le gouvernement, est donc né le 28 mai 1940. Léopold III voulait rester avec l’armée prisonnière et ne pas suivre le gouvernement en exil. Il avait veillé à ne faire signer qu’une reddition limitée aux troupes sur le terrain, ce qui permit au gouvernement de partir pour continuer la guerre avec les troupes du Congo belge et celles qu’il put reconstituer en Angleterre (armée, aviation, marine). Le reproche du gouvernement et d’une partie de la population était que le Roi aurait dû se réfugier à l’étranger pour prendre la tête de la résistance à l’Allemagne. La division de l’opinion publique à ce sujet donna lieu, après la guerre, à des affrontements allant jusqu’à des manifestations violentes entre défenseurs du Roi et partisans de son abdication.

En été 1940, alors que la guerre en Belgique  semble terminée au bénéfice de l’Allemagne, elle est placée sous l’autorité d’une administration militaire allemande dirigée par le général Von Falkenhausen, qui se maintiendra jusqu’en juin 1944.

L’occupant pratique une Flamenpolitik : il cherche à s’appuyer sur les Flamands à qui il accorde quelques satisfactions : des 275 000 prisonniers envoyés en captivité en Allemagne,  dans le cadre de la Flamenpolitik, qui visait plus ou moins à une annexion de la Flandre, considérée comme « aryenne », Hitler libère les miliciens, sous-officiers et officiers de réserve néerlandophones.

Le gouvernement militaire Nazi s’efforce aussi de faire travailler l’économie belge au bénéfice de la machine de guerre allemande. Le rationnement est imposé depuis le mois d’août, tandis que le marché noir se développe.  Les notables belges cherchent surtout à pratiquer « une politique du moindre mal ».

Par contre, quelques personnalités, qu’elles soient belgicistes ou nationalistes flamands, vont collaborer avec l’occupant pour instaurer en Belgique un  » ordre nouveau « , régime autoritaire ou de type fasciste dont ils prendraient les leviers de commande. La collaboration militaire et politique tient une place centrale en Belgique avec des mouvements politiques tels que Rex, le VNV ou des divisions militaires comme la division SS Wallonie et la division SS Langemark (flamande).

Le roi Léopold III, assigné à résidence dans son château de Laeken, se considère comme prisonnier et évite de prendre des initiatives politiques publiques qui pourraient être interprétées comme des actes de collaboration avec l’occupant. Il rencontre, le 19 novembre 1940, Hitler à Berchtesgaden dans une entrevue en tête-à-tête qui dure deux heures et demie. Léopold III plaide en faveur du retour de tous les prisonniers, Wallons compris, et de l’augmentation de la ration alimentaire des Belges. Il insiste pour obtenir une promesse d’indépendance de la Belgique dans l’organisation de l’Europe d’après-guerre. Le Führer ne donne aucune suite à cet entretien.

1942 marque un durcissement du régime d’occupation, notamment dans deux domaines. L’instauration du travail obligatoire en Allemagne suscite de nombreuses protestations. Tandis que les administrations communales s’efforcent de protéger les ouvriers menacés de déportation, les nombreux services de police mis en place par les Allemands font la chasse aux réfractaires avec l’aide des collaborateurs et autres délateurs. Le même système fonctionne à l’encontre des Juifs.

Les actions de résistance intérieure belge se manifestèrent d’abord par de l’espionnage, notamment par le réseau Clarence organisé dès 1939 par Walther Dewé (qui avait déjà dirigé le réseau de la Dame Blanche en 1914-18). Dès 1942, commencèrent des actions de sabotage de voies ferrées, la destruction de lignes à haute tension alimentant l’industrie allemande avec de l’électricité belge par le Groupe G. Il en résulta des représailles sous la forme de prises d’otages et l’exécution de résistants arrêtés. Le Roi lui-même, auteur de lettres à Hitler pour protester contre les déportations, reçut en réponse une menace de déportation, ce qui arriva lorsqu’il fut emmené en Allemagne avec sa famille en 1944. Mais cela ne suffit pas à le populariser auprès de ses adversaires. D’autre part, après la guerre, des centaines de procès entraînèrent l’exécution capitale, par fusillade, de collaborateurs de l’ennemi, mais aussi de dénonciateurs désignant aux autorités allemandes des résistants, voire des personnes innocentes dont d’aucuns voulaient se débarrasser pour des raisons privées. 80.000 citoyens Belges ont été reconnus coupables de collaboration militaire, politique, mais aussi économique, bien plus difficile à cerner et à séparer de la  » politique du moindre mal « .

Début juin 1944, un message radiodiffusé par Londres,  » le roi Salomon a mis ses gros sabots « , déclenche l’insurrection en Belgique occupée. Malgré quelques actions de grande envergure comme celle qui permet d’empêcher la destruction du port d’Anvers par les Allemands, la Résistance ne joue qu’un rôle limité dans les combats de la Libération.

Le 7 juin 1944, sur ordre du Führer, le roi Léopold III et sa famille sont transférés en Allemagne, sur les bords de l’Elbe puis, en mars 1945, en Autriche près de Salzbourg où ils seront libérés le 7 mai 1945 par la VIIe armée américaine.

1945 entrée américains à Tilff tankLe 2 septembre 1944, les troupes alliées pénètrent en Belgique ; le dimanche 3 au soir, elles entrent à Bruxelles au milieu d’un enthousiasme délirant. Le lendemain, elles sont rejointes par la brigade belge  » Libération « , dirigée par le colonel Piron. A la mi-septembre, le pays presque tout entier est libéré sans grandes batailles et sans dévastations massives. Mais, en décembre, la Belgique subira dans les Ardennes la dernière grande contre-offensive meurtrière lancée par l’Allemagne . L’échec de cette ultime tentative est imputable aux héros soldats américains qui ont résisté à Bastogne, dans des conditions hivernales particulièrement difficiles, sous la direction du général Eisenhower.  L’armée rouge de Staline profitera de l’occasion  de ce rassemblement des dernières meilleures unités allemandes sur le front occidental pour franchir rapidement l’Oder et atteindre l’Elbe.

Le gouvernement Pierlot, rentré à Bruxelles le 8 septembre 1944, prend connaissance dès le lendemain du testament politique du roi (rédigé au mois de janvier précédent), dans lequel Léopold III justifie sa conduite, critique le comportement des ministres pendant la guerre et leur demande de faire amende honorable. Il dit regretter aussi les accords internationaux pris par le gouvernement belge de Londres durant la guerre, ce qui pourrait conduire à la remise en question de la livraison de l’uranium du Congo aux Alliés. Le gouvernement ne se reconnaît pas de tort, reste au pouvoir et s’oppose au retour du Roi Léopold III qui ira vivre en exil en suisse en attendant le règlement de la question.

Le 21 septembre 1944, le Parlement désigne comme Régent, le prince Charles, frère du Roi. Régence qui durera jusqu’en 1950,  juste avant l’abdication de Léopold III et  l’intronisation du roi Baudouin en 1951.

Monuments aux victimes des conflits

Pour ses héros de cette guerre, Tilff dispose de trois cimetières, chacun pouvant accueillir certains de ses martyrs dans les caveaux familiaux. Cependant Tilff a rendu particulièrement hommage à ses héros de la guerre 40-45 :

Informations historiques: Le Corps expéditionnaire britannique a été impliqué à un stade ultérieur de la défense de la Belgique après l’invasion allemande en mai 1940 et a subi beaucoup de pertes humaines dans le retrait à Dunkerque. Les forces de Commonwealth ne sont pas revenues jusqu’en septembre 1944, mais dans les années intervenantes, beaucoup d’aviateurs ont été abattus dans des raids sur des objectifs stratégiques en Belgique, ou en revenant de missions sur l’Allemagne.

Monuments en reconnaissance aux libérateurs et à la mémoire des victimes

Un petit coin d’archive de la libération de Tilff, le 7 septembre 1944

Après toutes les horreurs des deux guerres, les Tilffois ont eu conscience de devoir redonner vie à une ambiance festive, symbole de liberté.

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